Un ancien stagiaire BTSA GPN au service de l’ours brun

Un ancien stagiaire BTSA GPN au service de l’ours brun

C’est en Macédoine, région grecque limitrophe avec l’Albanie, que se situent « les sanctuaires des ours et des loups », refuges accueillant des animaux inadaptés à la vie sauvage. Le refuge des ours a été créé en 1992 pour tenter de mettre un terme à une coutume des régions Balkanes, toujours probablement vivace en Albanie [1] : dresser des ours dansants pour des spectacles. Il compte aujourd’hui 12 ours sur 6 hectares. Il accueille également des ours originaires de zoos, notamment celui de Belgrade qui fut bombardé en 1999 pendant la guerre du Kosovo. Situé dans une hêtraie, un des habitats forestiers naturels de l’ours, il se fixe pour mission de privilégier les besoins de l’animal, notamment en fermant de janvier à avril pour respecter la période d’hibernation.

Depuis 2002, la région compte un autre sanctuaire de loups qui, malgré leur statut d’espèce protégée (1983), étaient possédés jusque là par des particuliers. Il accueille 9 individus sur 8 hectares.

 

Ces deux sites, partiellement ouverts au public dans un but de sensibilisation, ont été créés et sont gérés par Arcturos, ONG grecque de protection de la nature et des grands carnivores.

Elle se bat toujours aujourd’hui pour empêcher l’utilisation d’animaux en captivité, notamment les ours présents (voir photo) au zoo de Thessalonique (deuxième ville de Grèce après la capitale Athènes), en essayant de les faire transférer dans le sanctuaire.

 

C’est dans cette ONG que Manuel Donadieu, ancien stagiaire BTSA GPN au CFPPA, a effectué un Service Volontaire Européen (SVE) de 10 mois. Avec quatre autres volontaires, il a assuré des missions de suivi ornithologique (Cigogne blanche) et mammalogique (Loutre d’Europe et Ours brun). Il a également réalisé un projet personnel de courts métrages sur l’Ours brun, fruit de son travail de terrain avec Arcturos et de la rencontre avec ces animaux en moyenne montagne.

 

De retour en France, Manuel témoigne du projet et de son expérience :

« J’ai trouvé cette expérience extraordinaire et j’ai beaucoup appris. J’ai vraiment porté un nouveau regard sur les enjeux de conservation de la faune, dans un pays beaucoup moins peuplé et grand que la France (10 millions d’habitants, dont la moitié en ville). J’ai également beaucoup appris sur l’ours brun. Cela m’a permis, outre le fait d’être en contact permanent avec des volontaires passionnés et une équipe très impliquée, de voir la différence d’approche, de relation avec les grands carnivores entre la Grèce et la France. Aujourd’hui, ça reste loin dans ce pays d’être idyllique, notamment à cause des problèmes d’empoisonnement de la faune et du développement des infrastructures de transport sur les zones d’habitat de l’ours. Arcturos continue alors à se mobiliser et réussit à maintenir un bon équilibre entre travail scientifique, suivi des espèces, éducation à l’environnement, actions de sensibilisation du public et pression sur les instances politiques.

L’ONG est très présente dans les médias et est connue par énormément de Grecs. Elle accueille d’ailleurs beaucoup de volontaires toute l’année. La présence des sanctuaires des ours et des loups (ce n’est pas un zoo mais un refuge d’animaux inadaptés à la vie sauvage) gérés par Arcturos y joue pour beaucoup. Comparé à son équivalent en France (Ferus), ce n’est pas le même niveau de reconnaissance.

J’ai pu faire du volontariat avec Ferus dans le cadre du programme Parole d’Ours dans les Pyrénées françaises durant l’été 2012. J’ai pu ainsi confronter les deux manières de préserver l’ours. Alors que la population est passée de 100 à 350 individus en Grèce en 20 ans, la population française reste dans un état critique (22 individus : il en faudrait 50 pour qu’elle soit viable).

Il y a vraiment une acceptation de l’ours qui est importante aujourd’hui en Grèce, car c’est une espèce vraiment emblématique sur lequel Arcturos a d’ailleurs basé son symbole et son nom. Arcturos signifie le gardien de l’ours et renvoie à la mythologie grecque où Zeus a transformé en constellations Callisto et son fils Arcadian (la grande ourse et la petite ourse) « pour les faire échapper à la colère et la jalousie d’Héra, son épouse. Il plaça donc une autre étoile à leurs côtés, Arcturos, pour les accompagner et les protéger. »

 

Pour visualiser les courts métrages réalisés par Manuel cliquez ici

http://www.dailymotion.com/Be-a-greek-bear

 

Pour avoir plus d’information sur Arcturos cliquez ici

http://www.untourengrece.com/fr/uncategorized/arcturos-environmental-center/

http://www.arcturos.gr/en/main.php(en anglais)



[1]    Tout laisse à penser que la pratique perdure en Albanie d’après le travail de l’ONG dans ce pays (2008). Par ailleurs, bien que  l’ours soit protégé dans ce pays, des restaurants détiennent  des oursons ou de jeunes adultes, capturés dans la nature ou nés en captivité. Ils vivent dans des cages, dans des zoos privés et sont souvent enchainés. www.bearbiology.com/fileadmin/tpl/Downloads/Grants/Final_Reports/KARAMANLIDIS_ZEDROSSER_Final_report.pdf

26 avril 2013Permalink